mardi 19 avril 2011

Caramel Mou- I feel the earth move(1974 rare)



http://patrimoinepq.blogspot.com/2008/09/caramel-mou-caramel-mou-1974-deram-xdef.html
Un amalgame de folk ambitieux et de psychédélisme teinté d'un humour caustique rendu avec un musicianship impressionant, Caramel Mou était décidément bon à s'en lécher les oreilles (pochette arrière). Le quintette regroupait le multi-instrumentaliste Christian Montmarquette (flûtes, clavecin, piano, guitare, éminent, voix), Robert Ludger Desnoyers (guitares, voix), Guy Paradis (basse, 1/2 violoncelle, voix), Vivianne Mongeau (voix, effets), Normand Martin (percussions, voix) ainsi que Robert Leblanc (batterie, percussion, orgue). Ce dernier, en plus de signer les arrangements, assure aussi la réalisation. Si le son du groupe peut s'apparenter aux mouvances progressives du Ville-Émard Blues Band ou de Contraction par exemple, l'ecclectisme évident de leur répertoire ne réussit pourtant pas à occulter la vocation pop de leur unique album. Lisez le témoignage d'un fan anonyme. Caramel mou était meilleur en show sur la place Jacques Cartier qu'en disque. Le groupe s'est produit à Jeunesse d'Aujourd'hui. Des jeunes de l'école secondaire André Laurendeau (St-Hubert) ont fondés cette formation. Ils se sont séparés alors qu'ils avaient pourtant signés un contrat pour deux disques. Comme leader du groupe, Christian Montmarquette, s'est retrouvé le bec à l'eau, a fait chemin seul et a joué dans différentes formations de bar. Montmarquette a connu Diane Guérin à la commune Les initiés au côté de Jean Besré; elle était à l'époque figurante pour des publicités à la télévision. Montmarquette et Guérin auraient été en duo dans les bars du Québec et à Miami avec notamment Johnny Farago sous le nom Diane et Christian. À leur séparation (comme couple et duo), Diane Guérin part en tournée comme choriste pour Starmania (2e édition). Elle est reviendra au Québec et adoptera alors le nom de plume de Belgazou. (tiré du blog Eternal PMS) D'entrée de jeu, Tapis Magique, annonce les notes ensoleillées qui ornent en grande partie l'album. Les guitares carburent aux progressions singulières d'accords majeurs-septième éveillant du coup la pop-bossa de Beau Dommage (ne craigniez rien!) ou celle que populariserait peu de temps après Gilles Rivard. Comme sur Hey Soleil ou plus loin pour la saisissante Y tombe d'la marde le groupe élabore en douceur ses chaudes ambiances alors que l'intensité vocale de Mongeau, à la fois hippie et cabotine, surprend. On ne manquera pas de décèler loussement ailleurs les signes d'un humour zappaesque, entre autres lorsque leur succès radio La machée de gome se résume en accéléré à 30 secondes bien senties. Audacieux! Le sale rock n' roll Shiner son chrome fait rimer carwash avec dash, sticker avec bumper comme une vignette publicitaire pour Nu Finish. Outre la burlesque Une autre chanson pour le même gars, le Stéréologue Caramel Mou, ce conte psychotrope rédigé sur papier buvard, s'aventure dans les sillons qu'avait auparavant gravé Le Chat de l'Arc en Ciel de Normand Gélinas. Une histoire tout aussi planante, sertie cette fois d'une production plus éclatée où tous les dimmers de la console y passent avant d'enchaîner sur ce qu'il est convenu d'appeler la chanson-thème du groupe. Le tout s'imbrique pourtant avec aisance à des trames plus inspirées où l'album démontre toute la versatilité du groupe à remanier la pop aux rythmes des communes. Pauv'tite de moé (similaire aux productions de François Dompierre du début des années 70) ainsi que Les Immortelles sont par leur joual si modernes et à la fois tellement de leur époque, théâtralisant leur pop d'élants définitivement progressifs. Le délicieux folk psychédélique qui habite la poétique Miss Ellery ou l'anglophile The Cloud se dessine suivant les effluves de l'encens. Alors que la première est plus plannante avec quelques notes d'harmonica, The Cloud, sous sa dentelle minimale de guitare, pianet, flûte et bloc chinois, transforme une simple ballade en un air délicat, à fleur de peau. Exit la tendresse! Accrochez-vous pour le high energy soul propulsant leur reprise du succès de Carol King, I feel the earth move, mettant les cuivres à l'honneur alors que le registre de Mongeau -puissant , rough et honnête- atteint de nouveaux sommets. Écoutez-moi cette décharge à couper le souffle en conclusion! Décidément, du Caramel Mou, il y en a pour tous les goûts...

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